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"Notre fils était très proche de nous. Mais tout cela a changé lorsqu'il a rencontré sa future femme."
Ma belle-fille nous a " coupés" de notre fils

Sagesse Par Rosette Poletti

"Notre fils, écrit notre correspondante, est tombé amoureux d’une jeune femme d’une autre classe sociale que nous. Il a été fasciné par les moyens financiers des parents de son élue et par leurs largesses à son égard. Petit à petit, nous avons senti qu’il s’éloignait de nous. Nous ne pouvions pas lui offrir les mêmes avantages. Lorsqu’il s’est marié, tout a été décidé par sa belle-famille. Nous ne pouvions pas payer la moitié de la facture de ce mariage. Ses beaux-parents nous ont fait savoir qu’étant donné que tout avait été décidé par eux, ils paieraient tout. Mon mari n’était pas d’accord, mais nous avons basté pour maintenir la paix à la demande de notre fils. Maintenant, nous ne le voyons presque plus, il passe parfois en coup de vent, et je suspecte que c’est à l’insu de sa femme, qui a une énorme influence sur lui. Nous ne savons plus que faire, nous pensons avoir pris de mauvaises décisions lors de ce mariage... Nous avons aussi peur d’être privés de voir nos petits-enfants, lorsqu’il y en aura."
Cette décision doit être bien pénible à vivre! Le désir des parents, c’est, la plupart du temps, de conserver des relations positives avec leurs enfants adultes, de garder des contacts, si possible fréquents, de s'entendre avec leur belle-fille ou beau-fils, de le connaître et de pouvoir accueillir leurs petits-enfants. Malheureusement cela ne se passe pas toujours ainsi.
Un auteur français recommandait aux jeunes de choisir un(e) conjoint, "à ta porte, de ta sorte", il savait bien pourquoi! Il faut être très solide et faire preuve d’une maturité exceptionnelle pour réussir une union avec quelqu’un d’une autre culture, d’une autre classe sociale, d’une autre religion.
Nombreux sont les parents qui vivent ces déchirements: conflits avec la belle-famille, avec les beaux-enfants, impossibilité de voir les petits-enfants.
La famille, c’est une microsociété avec tous les conflits, les manques de loyauté, l’absence de capacité de lâcher prise, de pardonner, ou encore l’absence de bienveillance et de compassion que l’on trouve dans la société en général. Quand chacun y met du sien, ce peut être la plus belle des choses de la vie, pourtant.

Regrets et culpabilité
L’un et l’autre sont inutiles! Lors du mariage, notre correspondante et son mari ont fait ce qu’ils pouvaient faire, ce qui leur semblait le plus adéquat, le plus utile pour leur fils. Peut-être aurait-il pu y avoir d’autres stratégies, mais tout cela est du passé, regretter et culpabiliser n’apporte rien.

Aujourd’hui, il s’agit d’apprendre à accepter ce qui est. L’essentiel est de garder de bons contacts: valoriser le fils lorsqu’il "passe en coup de vent", le remercier d’être venu, envoyer une carte d’anniversaire à la belle-fille, faire parvenir un SMS au fils pour lui dire qu’on pense à lui, etc.
Il s’agit de garder le lien sans faire de demandes ou de reproches pour que le fils sente que l'amour de ses parents envers lui est toujours le même. Ainsi, il saura que la porte est toujours ouverte, quoi qu’il arrive.
La fascination pour la richesse et pour ce qu’elle permet perd de son pouvoir lorsque les aléas de la vie se présentent. A ce moment-là, c’est l’amour vrai, la loyauté, la fidélité qui importent.
Le chemin du lâcher-prise est celui qui permet de trouver la paix et la sérénité. Joseph Campbell écrivait: "Nous devons lâcher prise de la vie que nous avions planifiée pour accepter celle qui nous attend." En effet, plutôt que de faire un arrêt sur image à propos de ce qui n’a pas eu lieu, il est beaucoup plus important de considérer tout ce qui a pu avoir lieu, les bons moments vécus ensemble, les
partages. A chaque instant nous pouvons changer les pensées douloureuses pour les remplacer par celles qui nous font du bien.
L'avenir est toujours imaginaire! Tant de choses peuvent se produire. S’en préoccuper est inutile. Le philosophe Bertrand Vergely écrivait: "J’accepte que cet autre (le fils dans le cas présent) soit ce qu'il est! Oui, j'aurais préféré que la situation soit différente, mais le peux vivre pleinement même si je dois renoncer à ce que je désirais, à ce que j’attendais. Je peux devenir un être libre qui n’attend rien et, n’attendant rien, étant capable de lâcher prise, peut vivre en lui-même."
Il est tellement tentant de voir le monde en noir et blanc, juste ou faux, de considérer bonnes ou mauvaises ses actions et celles des autres. En réalité, la vie est toute en nuances, c’est ce qui la rend si complexe, et si passionnante. En acceptant toujours mieux les choses comme elles sont plutôt que comme on voudrait qu’elles soient, il devient possible d’en accepter les nuances.
A vous, chère correspondante, nous souhaitons la capacité de lâcher prise des attentes, et à chacun de vous, amis lecteurs, une très belle semaine.
Avec la collaboration
de Barbara Dobbs

"Nous devons lâcher prise de la vie que nous avions planifiée pour accepter celle qui nous attend."
Joseph Campbell,
anthropologue



A lire/b>
"Vivre debout - Sur le chemin de l’autonomie psychique", Gaétan Renaud. Ed. Médiaspaul.
"Au diable la culpabilité!" Yves-Alexandre Thalmann, Ed. Jouvence.
"Choisir ses émotions - Le bonheur par la pratique émotionnelle. Bernard Raquin, Ed. Jouvence.


Source: Le Matin Dimanche du 9 novembre 2014, page 81
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