Arrêter la croissance stop... lettre à M. Naville

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Genève/Genf, le 26 février 2006

Lu/rs/navi6226 H.E. Lubbers, 14 boulevard Carl Vogt, CH-1205 Genève

Monsieur Martin Naville
Cief Executive Officer
Swiss-American Chamber of Commerce
Talacker 41
8001 Zürich

Les avantages d'un accord sur le libre échange entre la Suisse et les Etats Unies de l'Amérique
Cher Monsieur Naville,

Votre présentation publique du 14 février à Genève m'a bien plu.

Comme j'avais remarqué dans la discussion, vous avez bien fait de tirer l'attention sur le fait que la croissance économique aux USA est bien plus importante que celle de la Chine, quand on convertit les pourcentages en quantités réelles en dollars.

Ceci est aussi valable si l'on convertit les dollars en quantités physiques de matières premières incorporées dans les produits et services que ces chiffres représentent. Une voiture de 20'000 dollars par exemple, représente des ressources physiques qui valent de 20'000 dollars, pour la grande plupart des ressources non-renouvelabe. Et ceci vaut aussi pour les services, qui sont loin d'être immatériels, même si le terme le suggère.
br> C'est pourquoi j'avais dit dans la discussion que la contribution à la croissance économique ne doit pas être postulé comme avantage d'un possible accord de libre commerce avec les USA. En réalité la croissance économique est un désavantage pour la société humaine, étant donné le fait incontestable que nos ressources et notre espace sont limités. On peut même postuler que la politique de croissance est une politique sociétale suicidaire.

J'admets que mes remarques vous ont peut-être surpris et qu'elles ne vous paraissaient pas appropriés dans le contexte de la présentation. Vous sembliez pourtant admettre qu'il y a des limites. Mais d'autre part vous avez suggéré que la croissance en Suisse (et ailleurs) soit nécessaire pour payer les futures rentes de vieillesse. Cependant, la nécessité d'assurer un certain mode de vie pour les retraités ne peut jamais falsifier la réalité des ressources limités et continuellement en diminution à cause des activités économiques humaines et à cause de la croissance.

Malheureusement une partie importante des meneurs d'opinion, de la classe au pouvoir, est consciente des problèmes environnementaux mais elle est souvent très mal informée sur l'urgence ainsi que sur les solutions réellement possibles. Les experts indépendants sont largement d'accord sur l'urgence des problèmes comme le changement de climat, l'épuisement des ressources comme le pétrole et l'eau potable, ainsi que la diminution continue et rapide des forêts, de la biodiversité, etc.

La Suisse et notre planète sont limitées. Il faut l'admettre et une fois dire assez est assez. Ceci dit, je dois ajouter que la préoccupation des problèmes environnementaux dans notre ère est le résultat d'une surexploitation de notre terre. Alors, au lieu de croître nous sommes tenus à réduire l'échelle de nos activités.

                                                ./..

Herrn Martin Naville                                 page 2/2
Swiss-American Chamber of Commerce, Zürich                   26.2.2006

Cher Monsieur Naville, croyez-moi que ces mots ne sont écrits que basés sur une profonde connaissance de faits et de la technologie. But de mes remarques et de cette lettre est d'initier une réflexion sur un autre niveau, en dehors des semi certitudes économiques.

Nous rappelons-nous que la science de l'économique politique avait comme but la distribution (équitable?) des ressources limitées. A présent l'économie s'occupe presque uniquement de l'augmentation des bénéfices et des fortunes, en faisant comme si les ressources physiques sont inépuisables. Les responsables sociétaux de cette politique se chargent d'une responsabilité presque criminelle en face d'une planète épuisée que nous sommes en train de laisser à nos enfants et petits-enfants.

Tout effort pour atteindre une société durable, c'est à dire qui peut durer plus longtemps que une ou deux générations à venir, est annulé par les effets de la croissance économique. Voilà pourquoi il est indispensable de contrarier les opinions qui présentent la croissance comme avantage ou comme indispensable.

Des problèmes sociétaux doivent être résolus par d'autres méthodes ! La durabilité écologique et la vie de nos enfants peuvent être promues par une rélocalisation de nos activités, par une réduction de vitesses tout en générale et par une augmentation de la durée de vie de nos produits. Nos énergies sociétales doivent être dirigées vers ces buts.

Je ne suis pas le seul ni le premier à dire ou écrire le ci-dessus. Mais les paroles dans ce sens ne sont normalement pas entendues dans la fanfare des expansionnistes.

Qu'est-ce que vous y pensez ?

Je vous prie d'agréer, cher Monsieur Naville, l'expression de mes sentiments distingués.

Helmut Lubbers





Annexe: tableau de croissances www.ecoglobe.org/growth/f/croistab.htm


cc: www.ecoglobe.org/stop/f/navi6226.htm
M. Pierre Meyer, TdG Genève
M. Thomas Von Ungern-Sternberg, Uni Lausanne
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